Frédéric Béatse - Politique de la ville
Session de décembre 2005


Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Vous ne serez pas surpris que, dans la continuité de mon intervention devant vous lors de notre débat d’orientations budgétaires, je veuille revenir sur l’importance d’une réflexion de notre assemblée sur ses actions en matière de politique de la ville.

La fin annoncée des contrats de ville en 2006 et l’incertitude sur les dispositifs qui les remplaceront, il s’agirait de « contrats de cohésion sociale et urbaine », renforce notre inquiétude sur les moyens et sur les missions de la politique de la ville.

Permettez moi d’énumérer quelques pistes de travail.

Pour lutter contre une insécurité sociale grandissante, un des premiers problèmes à régler est bien sûr celui du chômage, et plus particulièrement celui des jeunes.

Clauses sociales dans les marchés publics, zones franches urbaines, nous nous devons de saisir tous les leviers pour améliorer leur accès à l’emploi et lutter contre les discriminations. Nous pourrions aussi soutenir la création de contrats aidés, qu'ils soient pourvus dans les services du Conseil général ou bien financés dans les structures d'insertion, les associations ou les entreprises.

Redonnons à ces jeunes un espoir, garantissons leur un autre avenir. Celui d’une intégration sociale réussie et digne. Cela passe par le respect et le dialogue mais aussi par une politique plus volontariste de notre département.

Par ailleurs, à l’heure où l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine examine l’avenant dit de La Roseraie, dans le cadre des Opérations de rénovation Urbaine, je regrette en qualité de Conseiller Général de ce secteur, que le département n’y participe absolument pas.

En effet, le défi de la rénovation urbaine et de la mixité sociale au sein de ces quartiers représente un réel enjeu pour l’avenir d’une société où le «mieux vivre ensemble» doit prendre le pas sur le repli sur soi.

Aides ciblées pour les enfants des collèges situés en zones et réseaux d’éducation prioritaire, soutien à l’animation sportive, actions pour le logement, fonds d’aide aux jeunes, soutiens aux associations, autant de mesures et de dispositifs que nous nous devons d’analyser ensemble afin de vérifier qu’ils répondent bien aux enjeux.

Monsieur le Président, dans votre éditorial du dernier magazine du Conseil Général, vous indiquiez, face au mouvement des violences urbaines : « ce retour à l’éducation et à la citoyenneté passe aussi par les associations, les bénévoles et les travailleurs sociaux, qui doivent être aidés et soutenus ».

Je rejoins vos propres mots de conclusion « au-delà de nos clivages traditionnels, regardons enfin la réalité en face ». C’est ce que nous vous demandons depuis si longtemps sans relâche, regardons la donc droit dans les yeux cette réalité, donnons nous les moyens d’une nouvelle politique du département dans les quartiers de la politique de la ville.

A vos paroles, doivent répondre des actes : le sujet est trop important pour se contenter de déclaration à l’emporte pièce sous l’émotion du moment.

C’est bien dans cette ambition et dans un esprit constructif, que notre groupe vous demande la création d’un groupe de travail transversal dédié à la politique de la ville. Donnons, dans cette assemblée, à la problématique de la "ville" la place et la représentation politique qui devraient lui revenir.

Ce travail devra non seulement apporter de nouvelles réponses, mieux adaptées aux difficultés que nous constatons, mais aussi engager des mesures à même de soutenir les richesses et les atouts qui existent dans nos quartiers.

Il sera également à même d’anticiper la fin des contrats de ville et l’arrivée du nouveau dispositif.

Le département dispose de vastes compétences qui peuvent, en coordination et en complémentarité avec l’Etat et les autres collectivités, notamment les communautés d’agglomération, « chefs de file » de la politique de la ville, apporter les réponses que les habitants des quartiers attendent.

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